Le TJM, ou taux journalier moyen, est le prix d'une journée de travail facturée à un client. C'est probablement le chiffre le plus important de votre activité de freelance : il conditionne votre revenu, votre trésorerie et votre capacité à traverser les périodes creuses. Pourtant, beaucoup d'indépendants le fixent à l'intuition, en regardant ce que pratiquent les autres ou en divisant leur ancien salaire par vingt.
Résultat : un TJM trop bas, qui semble confortable sur le papier mais ne couvre ni les charges, ni les impôts, ni les jours non facturés. Voici une méthode simple pour partir de vos besoins réels et arriver à un TJM rentable.
L'erreur classique : comparer son TJM à un salaire
Un salarié est payé 12 mois par an, congés compris. Son employeur prend en charge les cotisations patronales, le matériel, les locaux, la formation, et continue de le payer quand il n'a pas de dossier.
Un freelance, lui, ne gagne de l'argent que les jours où il facture. Avec son chiffre d'affaires, il doit financer :
- sa rémunération nette ;
- ses cotisations sociales ;
- l'impôt sur les sociétés ou l'impôt sur le revenu selon son statut ;
- ses frais professionnels (logiciels, matériel, assurance, comptabilité, déplacements) ;
- les jours non facturés : congés, prospection, administratif, formation, maladie, intercontrats.
C'est pour cela qu'un TJM qui paraît élevé comparé à un salaire journalier est souvent simplement juste.
Étape 1 : partir du revenu net que vous visez
Commencez par la question la plus concrète : combien voulez-vous gagner net par an pour vivre correctement ? Intégrez votre niveau de vie actuel, mais aussi l'épargne de précaution qu'un indépendant doit constituer, et éventuellement votre épargne retraite.
Si vous venez du salariat, notre guide pour passer de salarié à freelance détaille les autres points à préparer avant de vous lancer.
Étape 2 : ajouter les cotisations et les impôts
Le passage du revenu net au chiffre d'affaires nécessaire dépend fortement de votre statut. En micro-entreprise, les cotisations sont un pourcentage du chiffre d'affaires. En SASU ou en EURL, tout dépend du mode de rémunération choisi : salaire, dividendes ou un mélange des deux.
Le plus fiable est de faire une simulation chiffrée. Vous pouvez utiliser notre simulateur de charges SASU et EURL pour estimer le coût total de la rémunération que vous visez. Pour comprendre les écarts entre statuts, consultez aussi notre comparatif SASU ou EURL.
Étape 3 : ajouter vos frais professionnels
Listez tout ce que l'activité vous coûte sur une année : ordinateur et matériel, logiciels et abonnements, assurance responsabilité civile professionnelle, banque, expert-comptable, téléphone, déplacements, formation, éventuel coworking.
En société, ces dépenses sont en grande partie déductibles du résultat. Notre article sur les charges déductibles en société vous aide à ne rien oublier.
Vous hésitez sur votre TJM ?
On calcule ensemble le chiffre d'affaires dont vous avez besoin selon votre statut et votre rémunération visée. Premier rendez-vous gratuit et sans engagement.
Étape 4 : estimer vos jours réellement facturables
C'est l'étape la plus souvent sous-estimée. Une année compte environ 365 jours. Retirez :
- les week-ends, soit environ 104 jours ;
- les jours fériés ;
- vos congés, que vous décidez vous-même mais qu'il faut prévoir ;
- le temps de prospection, d'administratif et de formation ;
- une marge pour la maladie et les périodes entre deux missions.
Selon votre secteur et votre façon de travailler, on arrive souvent à un nombre de jours facturés compris entre 180 et 210 par an. En première année, il est prudent de partir sur une hypothèse basse, le temps de constituer votre clientèle.
Étape 5 : faire le calcul
La formule est simple :
TJM minimum = (rémunération nette visée + cotisations et impôts + frais professionnels) ÷ nombre de jours facturés
Prenons un exemple volontairement simplifié, avec des montants purement illustratifs :
- vous visez 48 000 euros nets par an ;
- votre simulation indique environ 32 000 euros de cotisations et d'impôts pour y parvenir ;
- vos frais professionnels représentent 8 000 euros par an ;
- vous prévoyez 190 jours facturés.
Le chiffre d'affaires nécessaire est de 88 000 euros. Divisé par 190 jours, cela donne un TJM minimum d'environ 465 euros HT. Avec une marge de sécurité de 10 %, vous arrivez autour de 510 euros HT.
Ce chiffre est votre plancher : en dessous, vous travaillez à perte par rapport à vos objectifs. Attention, le TJM s'entend toujours hors taxes. Si vous êtes redevable de la TVA, elle s'ajoute au prix facturé. Pour savoir si c'est votre cas, consultez notre article sur la TVA du freelance.
Étape 6 : confronter votre TJM au marché
Une fois votre plancher connu, comparez-le aux tarifs pratiqués dans votre métier, pour votre niveau d'expérience et votre zone géographique. Plateformes de mise en relation, sociétés de conseil, réseau professionnel : les sources ne manquent pas.
Trois cas de figure :
- votre plancher est sous le marché : vous avez de la marge, positionnez-vous au prix du marché ;
- votre plancher est proche du marché : c'est cohérent, restez vigilant sur vos jours facturés ;
- votre plancher est au-dessus du marché : revoyez vos hypothèses (frais, statut, rémunération), ou travaillez votre positionnement et votre spécialisation pour justifier un tarif plus élevé.
Revoir son TJM régulièrement
Un TJM n'est pas figé. Pensez à le réévaluer au moins une fois par an, à chaque nouvelle mission, et dès que votre expérience ou votre expertise progresse. Augmenter son tarif pour un nouveau client est toujours plus simple que de le renégocier en cours de mission. Un expert-comptable spécialisé freelances peut vous aider à refaire le calcul avec vos chiffres réels de l'année écoulée.
C'est aussi un bon moment pour faire le point sur votre statut. Si votre chiffre d'affaires progresse, il peut devenir intéressant de quitter la micro-entreprise pour passer en société.
Besoin d'aide pour fixer un TJM rentable ?
JSA Expertise accompagne les freelances et indépendants dans le calcul de leur TJM, le choix de leur statut et l'optimisation de leur rémunération. Basé à Charenton-le-Pont (94), on accompagne les prestataires de services du Val-de-Marne et de toute la France. Appelez-nous au 06 60 73 55 46.