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ARE, ARCE ou ACRE : que choisir quand on devient freelance après un licenciement ?
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ARE, ARCE ou ACRE : que choisir quand on devient freelance après un licenciement ?

11 septembre 20266 min de lectureJoël Sayag, expert-comptable

Vous quittez un CDI (rupture conventionnelle, licenciement, fin de CDD) et vous ouvrez droit au chômage. Vous voulez vous lancer en freelance. Une question revient immédiatement : vaut-il mieux garder vos allocations d'aide au retour à l'emploi (ARE) ou en récupérer une partie sous forme de capital avec l'ARCE ? Et que vient faire l'ACRE dans tout cela ?

Ces trois sigles se ressemblent mais n'ont rien à voir. Voici comment les distinguer et arbitrer. Les règles de France Travail et de l'Urssaf évoluent régulièrement : les points sensibles sont signalés, à confirmer avant toute décision.

ARE, ARCE, ACRE : trois dispositifs différents

  • L'ARE est l'allocation chômage mensuelle versée par France Travail. Créer une entreprise n'y met pas fin automatiquement.
  • L'ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) transforme une partie de vos droits restants en capital versé en deux fois.
  • L'ACRE est une aide de l'Urssaf : une réduction de cotisations sociales la première année d'activité. Elle ne dépend pas du chômage, même si les deux se cumulent souvent.

Autrement dit, l'ACRE réduit vos charges, tandis que l'ARE et l'ARCE sont deux façons différentes de mobiliser vos droits au chômage.

Option 1 : conserver l'ARE en créant son activité

C'est l'option la plus souple. Vous continuez à percevoir vos allocations pendant le lancement, avec un principe de cumul partiel si votre activité vous rapporte des revenus.

Le fonctionnement général est le suivant :

  • vous déclarez chaque mois vos revenus d'activité à France Travail ;
  • l'allocation est réduite en fonction de ces revenus, avec un plafond de cumul lié à votre ancien salaire de référence ;
  • les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils prolongent la durée de vos droits.

Si vous créez une SASU et que vous ne vous versez aucune rémunération, vous pouvez en principe continuer à percevoir l'intégralité de l'ARE. Le traitement des dividendes et des rémunérations de dirigeant par France Travail est un point technique : à confirmer au cas par cas avant de fixer votre politique de rémunération.

Cette option convient bien si vos revenus de départ sont incertains : l'ARE joue le rôle de filet de sécurité pendant la montée en charge.

Option 2 : l'ARCE, un capital pour démarrer

L'ARCE permet de recevoir 60 % du montant des droits à l'ARE restants à la date de début de votre activité. Ce montant est versé en deux fois : une première moitié à l'accord de France Travail, la seconde six mois plus tard, sous réserve que votre activité se poursuive. Une fois l'ARCE choisie, vous ne touchez plus l'ARE sur la part concernée.

Elle suppose de remplir les conditions d'éligibilité à l'ACRE, ce qui la rend surtout pertinente pour une création d'entreprise avec un vrai besoin de trésorerie initiale (matériel, local, communication, avance de charges).

Points à vérifier avant de la demander :

  • le montant exact de vos droits restants (demandez une simulation à France Travail) ;
  • le calendrier de versement et les démarches à respecter ;
  • l'impact fiscal et social : le capital perçu s'ajoute à vos autres ressources.

ARE ou ARCE : quelle option pour votre projet ?

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ARE ou ARCE : comment arbitrer ?

Il n'y a pas de bonne réponse universelle. Quelques repères :

  • Vos droits restants sont élevés et vos revenus démarrent vite : l'ARE maintenue, cumulée avec vos premières factures, est souvent plus avantageuse sur la durée.
  • Vous avez un besoin de trésorerie immédiat : l'ARCE finance un investissement de départ, au prix de renoncer à l'allocation mensuelle.
  • Vos revenus seront irréguliers : l'ARE maintenue sécurise vos premiers mois, notamment si vous venez de définir votre TJM et n'avez pas encore de visibilité sur vos missions.

Un conseil simple : comparez le total perçu sur 12 à 24 mois dans chaque scénario, en tenant compte de la durée de vos droits, plutôt que de vous focaliser sur le montant du capital.

Et l'ACRE dans tout cela ?

L'ACRE s'applique à la création ou à la reprise d'une activité, sous conditions, et réduit les cotisations sociales pendant la première période d'activité. Les modalités (taux d'exonération, durée, plafonds de revenus, entreprises concernées) ont été modifiées ces dernières années, avec des règles différentes selon la date de création et le régime. Vérifiez les conditions applicables à votre date de création sur le site de l'Urssaf avant de bâtir vos prévisions.

Retenez surtout que l'ACRE est cumulable avec le maintien de l'ARE comme avec l'ARCE, et qu'elle se demande dans le cadre de la déclaration de création d'activité.

Micro-entreprise ou société : quel impact ?

Le choix du statut change la manière dont vos revenus sont pris en compte par France Travail.

En micro-entreprise, vos revenus déclarés mensuellement servent directement au calcul du cumul. C'est simple à suivre, mais le chiffre d'affaires est vite plafonné.

En société, la logique dépend de votre rémunération et de votre statut de dirigeant. Un président de SASU non rémunéré n'est pas traité comme un dirigeant avec salaire : la stratégie de rémunération doit donc être pensée avec le calendrier de vos droits. Pour comparer les structures, lisez aussi notre guide pour passer de salarié à freelance.

Les erreurs à éviter

  • oublier de déclarer ses revenus d'activité chaque mois à France Travail ;
  • choisir l'ARCE sans avoir simulé le montant de ses droits restants ;
  • se verser un salaire ou des dividendes sans en mesurer l'effet sur l'allocation ;
  • confondre ACRE et ARCE, et passer à côté de l'une des deux ;
  • ne pas anticiper la fin des droits au chômage dans son plan de trésorerie.

Faites-vous accompagner pour décider

Entre France Travail, l'Urssaf et le choix du statut, les interactions sont nombreuses et les règles évoluent. Un expert-comptable dédié aux freelances peut chiffrer vos scénarios avant la création, puis ajuster la rémunération en fonction de vos droits.

Vous quittez un emploi pour vous lancer ?

JSA Expertise accompagne les futurs freelances et indépendants dans leur choix de statut et leur stratégie de rémunération. Basé à Charenton-le-Pont (94), on accompagne le Val-de-Marne et toute la France. Appelez-nous au 06 60 73 55 46.

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